Actualité des éditeurs sociétaires

Editions L’Echappée belle : du nouveau en mars !

Les parutions du mois de mars 2018  des éditions L’Echappée belle:

Michel CARLON

La vie m’a t-elle donné ou lui ai-je pris ?

Poésie – Coll. Ouvre-Boîtes

 

 

Tout commence dans un journal intime. On note ses impressions, pressé d’immortaliser des instants de vie qui ont marqué. Les mots se succèdent, la main les guide, le cœur les enfante. Un évènement peu ordinaire, la naissance d’un amour, la présence d’un animal familier, le contact rugueux avec les éléments naturels, l’effort solitaire, un concert, etc. sont autant de sujets d’inspiration. Puis la forme d’expression se veut autonome, singulière, elle se détache du journal pour devenir poème. Délivré des scories du commentaire, libéré des chaînes du récit, le vers s’approprie l’espace de l’imaginaire et construit ce pont qui le relie au monde réel. Ces scènes croquées au fil des jours et des nuits sont vécues par chacun d’entre nous. En les découvrant, souhaitons les vivre une deuxième fois comme une révélation et non plus comme une éphémère impression.

Dominique CHRYSSOULIS

L’assoluta de Cuba

Danse – Coll. Pointe

Ma première rencontre avec Alicia Alonso remonte à l’enfance. J’avais neuf ans, je commençais la danse classique, et découpais dans les magazines les photos de danseuses. Sous l’une d’elles figurait la légende : Alicia Alonso, danseuse cubaine presqu’aveugle. Tant de beauté sur tant de malheur me déchirait le cœur.
Malgré ce handicap majeur dû à un double décollement de la rétine à vingt ans, Alicia Alonso a été l’une des plus grandes danseuses classiques du XXème siècle, enchaînant les tournées de par le monde avec les partenaires les plus célèbres. La perfection de son art lui a valu le titre rarement attribué de Prima Ballerina Assoluta, décerné à la Russe Maïa Plissetskaïa, à l’Anglaise Margot Fonteyn, à l’Italienne Carla Fracci, à la Française Yvette Chauviré.
Alors que l’âge de la retraite à l’Opéra de Paris est fixé à quarante-deux ans, Alicia Alonso n’a raccroché ses chaussons qu’à soixante-quinze ans.
Également chorégraphe et professeur, elle dirige toujours, à presque quatre-vingt-dix-huit ans, le Ballet national de Cuba, l’une des meilleures troupes du monde.

Valéry MOLET

Le Noeud du pendu

Nouvelles – Coll. Pioche

Le nœud du pendu est-il un recueil de nouvelles sur le suicide ? Non, pas du tout ! Les trois textes, qui composent ce recueil, évoquent avant tout l’amour, cette autre forme de l’aberration. Comme toutes les incohérences, l’amour est une source de quiproquos entre les êtres, leur identité farfelue. C’est aussi une manière, élégante parfois, de s’ouvrir les veines. L’amour est une déveine sanglante. La corde pense t’elle quelque chose de l’être qu’elle soutient ? Aucun marin n’est capable de le dire. L’amour est niais, l’amour ne tient pas la page. Pourtant, ces trois historiettes nous racontent comment deux êtres, qui portent le même prénom, peuvent se déchirer en toute conscience innocente. Qui est l’homme ? Qui est la femme ? Sont-ils faux au point de s’entêter à se haïr et s’aimer ? Tout au long du recueil, les héros émettent au moins une hypothèse : l’amour n’a qu’une place réduite dans leurs vies. C’est même une réduction, au sens propre, de leur influx nerveux. Il ne trouve pas donc sa place que comme une distorsion de leur cagibi. Cependant, l’amour ne se transforme pas en dramaturgie du sexe. Il n’en est pas une circonlocution. On peut donc le détruire. Ou faut-il aller chercher du côté de Socrate ? En réalité, l’amour permet d’accéder aux idées. Quelle ironie ! Quelle magnifique intuition caustique de penser que les organes génitaux pourraient être à l’origine du savoir. Ici, l’amour est presque une idée religieuse, j’allais dire littérale, c’est-à-dire prodigieusement ennuyeuse, presque comme le canot de la vie quotidienne. C’est parce que les deux amants sont si ennuyeux qu’ils ne s’aimantent plus. Ils vont de blagues méchantes en indifférences rationnelles. Ils se déchirent. Les machines à coudre n’y peuvent rien pour une fois. Si, un jour par miracle, un amoureux éperdu, au milieu des décombres des autres, arrivait à exprimer, avec une sincérité parfaite, ses sentiments, il n’y aurait plus de littérature. Il n’y aurait plus rien à dire. Tous les marchands de cordes pour pendu feraient faillite. Nous n’en sommes pas encore là, heureusement.

Retrouver les éditions l’Echappée belle et ses auteurs au salon du livre de Paris du 16 au 19 mars 2018 !